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Quand l'improbable devient réalité !

 

 
    Quand en 2004, Emile Pequignet, passionné de chevaux et, à ses heures accordéoniste, décide de prendre une retraite bien méritée, on s'interroge sur l'avenir potentiel de cette société horlogère basée à Morteau, dans le Haut-Doux français. Celui qui a fondé l'entreprise en 1973 a fait du bon travail, en s'adressant à deux types de clients.

    Rédaction en ligne

    À bonne école !

    Didier Leibundgut, aux commandes aujourd'hui de la maison, raconte : « En 1920, mon grand-père a fondé à Morteau, une petite manufacture d'horlogerie méca-nique qu'il a baptisé Rexus Hora, et dont mon père a pris la direction par la suite. Je me souviens encore des dimanches où, après la messe nous passions, mon père, mon frère et moi, par la « fabrique » ! En franchissant le lourd portail d'entrée, nous étions accueillis par une véritable « bouffée de cuir » : celle des bracelets garnissant les 2000 montres, en attente dans le bureau d'expédition. Malheureusement, en 1945, la société est emportée, comme toute l'horlogerie française, par l'arrivée du quartz et doit se déclarer en faillite. La belle « fabrique » doit fermer, la maison familiale qui était en caution est vendue et le père doit fuir au Maroc. À 22 ans, je me retrouve avec le statut peu enviable d'« étudiant sans le sou ». Mon seul souvenir des années heureuses passées à Morteau reste la montre Zenith que mon grand-père m'avait offerte pour mes 20 ans… et que, inconstance de jeunesse, j'ai perdue » Mais le hasard fait étonnamment bien les choses puisque, après des études de droit et de gestion, après des débuts dans l'horlogerie suisse (avec des capitaux russes et des mouvements asiatiques) Didier Leibundgut va se retrouver en 1994 à la direction des montres Zenith qui ont si joli- ment marqué son adolescence. À cette époque, la manufacture fait déjà partie des marques mythiques de la haute horlogerie, grâce à son fameux mouvement « El Primero »… dont 20.000 exemplaires partent, chaque année chez Rolex pour équiper les non moins fameuses « Daytona » ! Autre atout majeur de Zenith : le marché italien, où avec 25 représentants,la marque est devenue un leader incontesté sur le segment du chronographe. Pendant cinq ans, Didier Leibundgut va s'avérer être un excellent gestionnaire, autant qu'un homme de marketing avisé, concentrant ses efforts sur le développement international du fameux « El Primero ».

    Les résultats ne se font pas attendre, à tel point que la marque fera la conquête du millionnaire Bernard Arnault… pour finir, en 1999, dans le giron de son groupe LVMH !

    Pour notre homme de Morteau, cela signifie la fin de la belle aventure Zenith et le début de sa nouvelle épopée avec Pequignet ! Très vite, il va prendre conscience de ce que l'avenir de la maison repose sur un véritable dilemme. Comment confronter une clientèle, principalement féminine, acquise à des montres quartz de prix moyens tout en préparant l'entrée de la marque dans le cercle restreint des véritables manufactures horlogères.

    À l'origine du calibre « Royal », le maître-horloger Ludovic Perez, le constructeur Huy Van Tran et l'ingénieur en aéronautique Philippe Blanchot.

    Didier Leibundgut sait très bien ce qu'il veut, et rêve depuis des années d'un calibre vraiment révolutionnaire. Reste à trouver les deux clefs qui lui permettront d'accéder à ce garde-temps d'exception : des hommes pour le concevoir et les moyens pour les réaliser. Pendant près de 2 ans, il va entreprendre un véritable « parcours du combattant » à la recherche de soutiens financiers. Quand on sait que le développement d'un mouvement mécanique original réclame un investissement de plusieurs millions d'euros on comprend l'importance du challenge.

    « Au départ, raconte Didier Leibundgut, personne ne voulait me suivre ! Sur le plan régional, les responsables politiques et économiques estimaient que la France avait perdu, une fois pour toutes, son industrie horlogère et que l'idée de la faire renaître était pure folie ! Heureusement, le Maire de Morteau ne partageait pas ce pessimisme et c'est lui qui décide de constituer un « pool d'investisseurs publics » capable de relever ce défi. Ce furent ensuite les nombreux audits devant les banques, les organismes financiers régionaux et nationaux, jusqu'à aboutir à l'Elysée où le Président Sarkozy, passionné de montres, a marqué de l'intérêt pour notre projet ! ». Une fois les capitaux disponibles, fallait-il encore trouver les hommes capables de mettre en chantier ce fameux calibre.

    Leibundgut les connaît, pour la plupart, puisqu'ils étaient ses collègues chez Zenith, et sont alors en activité chez Groebel Forsey, l'un des hauts lieux de la complication horlogère : le maître-horloger Ludovic Perez, le constructeur Huy Van Tran et l'ingénieur en aéronautique Philippe Blanchot. C'est ce trio d'experts et de passionnés qui va, pendant quatre ans, développer plus de 250 plans industriels et plus de 300 composants pour donner naissance au calibre « Royal », et mettre en ?uvre l'outillage et les équipes nécessaires pour qu'il prenne vie.

    En mars 2010, Pequignet présentera à la foire de Bâle les prototypes des trois modèles qui sont dotés du calibre « Royal » : la « Paris Royal », la « Rue Royale » et la « Moorea Royal Triomphe » dont les premières pièces sont en vente, depuis la rentrée.

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