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Bell & ross : pour le plaisir

Bruno Belamich. Photo : D.R.

Bruno Belamich. Photo : D.R.
    Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est rare de voir le patron d'une grande marque horlogère pratiquer un exercice peu commun : celui de la démystification de sa réussite. C'est pourtant la démonstration à laquelle on a droit lorsqu'on passe quelques heures d'entretien avec Bruno Belamich, le Creative Director – et l'un des deux fondateurs – de la marque BElL & ROSS.

    Rédaction en ligne

    L'histoire de ces deux étudiants qui, en moins de vingt ans, ont fait de la marque l'une des plus belles aventures horlogères de ces dernières décennies, a de quoi faire rêver bon nombre de jeunes entrepreneurs, et mérite d'être écoutée, de la bouche même du créateur.

    Bruno Belamich. « En 1992, je viens d'obtenir mon diplôme de designer industriel, avec pour mémoire de fin d'études, le projet de création d'une marque horlogère. Et, comme tous les jeunes, j'aime les belles choses, les belles montres, les voitures, les avions… Lors d'un stage à Hong-Kong, je retrouve tout cet univers dans des magazines dit de « Goods », très en vogue à l'époque, et dans lesquels, je m'enthousiasme pour une montre allemande qui s'appelle SInn. Rentré en France, je prends contact avec Helmut Sinn, le patron, et lui offre mes services. Les choses évoluent bien puisque je lui propose une dizaine de modèles qu'il va intégrer dans ses collections. Quelques mots sur ce person-nage : ancien pilote d'aviation, passionné de montres, il ra-chète en Suisse certains outillages de modèles connus, dont la Navi-timer de Breitling, pour créer un catalogue un peu hétéroclite, mais qui connaît le succès à l'époque, surtout auprès des « fous volants » ! Après quelques mois, je me rends compte que je m'éloigne du projet que j'avais élaboré pour mon mémoire : la création d'une vraie marque, avec tout le « Corporate » que ça implique… et que j'avais baptisé Bell & Ross : la première partie de mon nom et celle de Carlos Rosillo, un ami d'enfance, que j'avais embarqué dans le projet ! Carlos travaillait (et s'ennuyait) dans la filiale de la banque Bruxelles-Lambert, en grandes difficultés à l'époque. Celle-ci lui propose de bénéficier d'un plan de licenciement, avec un beau chèque à l'appui. Ce sera la « mise de fond » de la société, dont il va prendre en charge le développement commercial. En 1993, nous sortons notre première collec-tion Bell & Ross by Sinn et, quelques jours plus tard, nous ouvrons nos trois premiers points de vente. Très vite, un vendeur de Miami deviendra notre distributeur aux U.S.A. et en 1995, pour notre première présence à la Foire de Bâle, tout est parti en flèche ! Comme vous le voyez, notre histoire est relativement simple » !

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