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Alfredo Paramico

Alfredo Paramico. Photo : D.R.

Alfredo Paramico. Photo : D.R.
    Ce banquier italien à qui a été confiée la gestion du fonds des montres vintage de collection « Precious Time » est, à côté de la finance qui est son quotidien professionnel, un collectionneur renommé et passionné de montres.

    Rédaction en ligne

    Dans le contexte financier et boursier actuel, son analyse et ses conseils sont d'autant plus intéressants qu'il connaît mieux que quiconque ce petit monde difficilement accessible du marché horloger des garde-temps anciens. C'est le moment d'investir dans de belles montres anciennes PM. Comment évolue ce marché ? Comment se porte-t-il ? BB. Il faut d'abord souligner qu'il est encore jeune. Ce n'est qu'à partir de 1985 que les premières ventes aux enchères ont pris une certaine importance, avec l'intervention de la maison Antiquorum et de Christie's. Depuis 10 ans, il ne cesse de progresser, avec une année record en 2008, et des enchères exceptionnelles. Aujourd'hui, la montre est devenue, comme l'or, une valeur-refuge. Car les belles montres sont maintenant considérées comme de véritables oeuvres d'art, dont la valeur ne va pas cesser de monter avec le temps, et en fonction de leur rareté. L'expérience de ces dernières décennies illustre parfaitement le fait que les prix s'envolent d'autant plus dans les ventes… que les actions dégringolent dans les bourses ! PM. Quels sont les critères essentiels qui vous guident dans l'achat d'une pièce ? BB. Je privilégie deux critères qui sont, pour moi, les plus importants. C'est d'abord la rareté du modèle sur le marché. Ensuite, c'est sa qualité et son état. Et, pour le fonds, je me refuse de faire une acquisition quel que soit son prix, si ces deux critères ne sont pas respectés. PM. Les critères expliquent-ils que presque 85 % de vos achats sont concentrés essentiellement sur deux marques : Patek Philippe et Rolex ? BB. Ce sont ces deux marques qui constituent aujourd'hui le coeur du marché de la montre d'occasion. Ce sont aussi les deux maisons qui conjuguent parfaitement les deux critères que j'évoquais plus haut : rareté et qualité. Et les prix évoluent en conséquence ! Mais je considère qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'excellentes opportunités à saisir dans des marques comme Breguet, Cartier ou Audemars Piguet. Quand on ne dispose pas de budgets conséquents, je conseille de s'orienter plutôt vers les montres anciennes de Longines et d'Omega, où il y a encore de belles affaires à réaliser… et, surtout, de Vacheron Constantin, dont la cote est sous-évaluée ! PM. On reproche souvent à ce marché de ne pas être très transparent, avec seulement trois grandes maisons de vente… et pas mal de margoulins ! BB. Pour le fonds « Precious Time », nous achetons relativement peu dans les ventes aux enchères, parce que je considère que les prix qui y sont atteints sont beaucoup trop élevés. Compte tenu des frais qui sont à payer, si j'achète aujourd'hui, pour le fonds, une montre d'un million de francs suisses… je considère que, le lendemain, si je la fais valoriser, elle ne vaut plus que 800.000 francs, et c'est normal ! Mais c'est le genre de chose que je ne peux pas me permettre vis-à-vis de nos actionnaires ! J'achète prioritairement nos montres chez les grands collectionneurs et auprès des marchands qui ont bonne réputation, et ce, à travers le monde entier. Les ventes aux enchères jouent surtout un rôle de « thermomètre » mesurant l'évolution des prix et leur fluctuation. Mais, mis à part les très belles montres Rolex ou Pateck Philippe qui y atteignent des sommets… il y a encore souvent de belles opportunités à réaliser sur d'autres marques. PM. Un dernier conseil ? BB. Suivre un secteur dont on parle peu… mais qui commence à prendre de la valeur : celui des pendulettes de table, comme celles de Cartier des années 30 et 40, les Breguet ou encore celles qui ont été faites par Hermès! À suivre...

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