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ROGER DUBUIS  : le surdoué caractériel

Rédaction en ligne

Ce n'est pas un hasard si en 2002, Carlos Dias, le créateur de la jeune manufacture ROGER DUBUIS a baptisé l'une de ses précieuses collections « To much » ! L'expression est tout à fait à l'image du personnage, dont le projet horloger et sa concrétisation, se placeront toujours sous un même vocable : celui de la démesure. Démesure des moyens que Dias va mettre en œuvre : passionné de haute horlogerie et collectionneur averti, il est un homme pressé, mais dont les fonds propres –déjà considérables- ne suffiront pas à répondre à son ambition. Il engage à prix d'or un team de maîtres-horlogers (… en place dans les plus prestigieuses manufactures) et construit pour eux, dans la banlieue de Genève, un superbe bâtiment, doté des installations techniques les plus sophistiquées. À peine un premier réseau de détaillants est-il en place… qu'il envisage déjà de leur faire faux bond en ouvrant des boutiques en propre… alors que sa production atteint seulement quelques petits milliers de montres ! Mais l'abondance ne nuit pas en tout… et, très vite, la marque propose sur le marché une série de mouvements à tous points remarquables… dont des « Tourbillons » qui laissent admiratifs les plus sceptiques. Autre expression de la démesure de Dias : le style de ses garde-temps. Il franchira très vite la limite de l'originalité et de l'exubérance… pour aboutir à la surcharge de cadrans, qui ne feront le bonheur que de quelques princes orientaux ! Au fil des années, les excès de tous ordres vont finir par mettre en péril la jeune entreprise… et en faire une proie inespérée pour le groupe RICHMONT. En 2008, il mettra la main sur la manufacture,… ensuite sur la marque et, surtout, sur le précieux « Poinçon de Genève », label combien recherché et qui fera très vite le bonheur de Cartier ! Conscient du véritable « trésor technique » qu'il va pouvoir exploiter, le groupe poursuit l'investissement dans l'outil, le développement de nouveaux calibres… et fait appel à Georges Kern pour constituer une vraie équipe de managers et permettre à Roger Dubuis de devenir, enfin, une vraie marque horlogère. La tâche est colossale et, tout en assurant la direction d'IWC, Kern devra bientôt se mettre lui-même à la tête de l'entreprise. Il va d'abord en planifier le développement en reconstruisant, sur l'acquis, deux collections de base : l'« Excalibur » existante, dont il conserve l'esthétique de base, avec pour objectif d'optimaliser ses mouvements exceptionnels… sans qu'ils soient « fagocités » pour l'outrance du design. Deuxième chantier : la collection « La Monégasque », pour laquelle il crée un univers original et spécifique, dédié au monde du jeu et du casino, et dans lequel il propose des chronographes automatiques, à roues à colonnes, avec micro-rotor,… dotés du très recherché poinçon de Genève ! Une vraie réussite ! Enfin, une nouvelle collection « dames » est en chantier et fera son apparition dans les tous prochains temps. Au récent SIHH, l'accueil a été enthousiaste mais ce « coup de barre » suffira-t-il à remettre le bateau sous des vents plus favorables ? L'avenir nous le dira.

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