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MARC HAYEK: pour le Prestige

 

 
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Rédaction en ligne

Après la disparition brutale, en juin dernier, de Nicolas Hayek, c'est son fils Nick qui assume seul la direction du Swatchgroup, tandis que sa soeur Nayla en assure maintenant la présidence. Marc, le fils de Nayla, s'est vu confié une tâche non moins difficile : prendre la tête et développer ce que l'on considère comme le pool « Luxe » du groupe, à savoir les marques Blancpain, Breguet et Jaquet Droz. Alors qu'il est déjà à la tête de Blancpain depuis plusieurs année, comment envisage-t-il le futur des deux autres maisons, quels sont ses projets pour l'une et l'autre ? C'est ce qu'il nous explique, dans la fébrilité et l'agitation du récent Baselworld.­ Marc Hayek : Avant tout, permettez-moi de ne pas retenir la terminologie de « Luxe » pour caractériser le groupe de marques que je dirige. Je préfère utiliser le vocable de « Prestige », qui attrait à ce qui inspire l'admiration, comme c'est le cas pour les montres de chacune de ces trois marques.

Passion des Montres : En termes de positionnement, ne sera-t-il pas difficile, pour vous, de faire cohabiter le caractère « prestigieux » de ces trois marques, avec la vocation beaucoup plus « mass-market » des autres signatures du groupe ?

M.H. : Il est vrai que le caractère artisanal de ces produits les rend très différents, de par leur outil de production. Mais, comme vous le savez, mon grand père a toujours considéré comme essentiel, l'investissement dans l'outil industriel, et c'est cet apport dont nous pouvons également profiter, pour le développement de nos produits de prestige.

P.M. : C'est exact, mais dans ce secteur, vous n'êtes pas les seuls !

M.H. : Heureusement ! Et nous nous réjouissons que d'autres groupes comme Richemont, ont eu la sagesse d'investir dans l'outil...et pas uniquement dans le marketing ! Par contre,d'autres n'ont pas compris cette nécessité. Nous le regrettons, et jusqu'ici, nous n'avons pas encore réagi...

P.M. : L'expression « pas encore » est lourde de menaces, et à ce sujet, votre mère Nayla et vous-même, vous êtes exprimé récemment dans la presse, avec beaucoup de fermeté, quant à la fourniture de mouvements et de composants à d'autres groupes...

M.H. : Nous ne voulons plus accepter cette philosophie de « supermarché » où l'on vient se fournir... sans responsabilité partagée, sans investissement dans l'outil. C'était la volonté de mon grand-père et nous allons la poursuivre ! Nous voulons travailler avec des partenaires - même s'ils sont nos concurrents - et nous trouver en confiance avec eux.

P.M. : Pour occuper une place prépondérante dans ce segment « Prestige », ne vous manque-t-il pas une grande griffe joaillière comme Cartier ou Bulgari ?

M.H. : Nous avons, en potentiel, la marque Tiffany, qui peut certainement répondre à ce besoin, et dont ma mère est responsable. Mais la maison-mère est restée aux mains des américains, et si nous assumons la fabrication et la distribution des montres, pour la partie « design », les décisions sont prises par un comité mixte, où nous ne sommes pas seuls décisionnaires. C'est un frein important, du moins à l'heure actuelle. Mais le potentiel est là !

P.M. : Toujours sur le plan féminin, la montre mécanique pour dame occupe une place plus importante, cette année à Bâle. (Confert Patek Philippe, par exemple) À ce propos, envisagez-vous ce développement avec Bréguet ?

M.H. : C'est dans cet esprit que nous avons présenté la version « acier » de la « Reine de Naples », plus sportive, plus « casual »... et qui a reçu, dès l'année passée, un accueil enthousiaste. Nous continuerons dans cette voie, mais avec prudence.

P.M. : Avec Blancpain, vous présentez cette année, une collection qui revient manifestement aux fondamentaux classiques de la marque ! M.H. : C'est notre volonté, et nous poursuivrons en 2011, la réinterprétation de la collection « Villeret » entamée en 2010. J'ajoute que, contrairement à plusieurs de nos collègues, nous n'avons pas voulu suivre l'inflation actuelle des prix. Car nous estimons que l'« envolée » actuelle est dangereuse, à moyen terme.

P.M. : Parlons un peu de l'évolution de l'une de vos plus belles marques: Jaquet Droz. Beaucoup d'amateurs qui adorent ces montres et admirent leurs superbes cadrans,...regrettent souvent que leurs mouvements ne soient pas à la mesure de leur prix !

M.H. : C'est pour cela que nous venons de prendre, cette année, un virage important. Car, comme nous avons déjà intégré la Manufacture Frédéric Piguet dans Blancpain, nous allons suivre la même voie pour Jaquet Droz, avec la réalisation de mouvements exclusifs ! Nous évoluons également en termes de prix, avec la présentation d'un modèle de « premier accès » en acier à moins de 10.000 francs suisses, prix public (voir ci-dessous). Enfin, je peux également vous annoncer que nous sommes en train d'installer chez Jaquet Droz, une unité interne de fabrication de cadrans émail, qui sera l'une des plus performantes du marché !

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