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Notre référendum : les montres de l'année

La Piaget Altiplano Automatic 43 mm. Photo : D.R.

La Piaget Altiplano Automatic 43 mm. Photo : D.R.
  • La Piaget Altiplano Automatic 43 mm. Photo : D.R.
  • La « Calibre » de Cartier. Photo : D.R.
  • La « Reine de Naples » de Breguet. Photo : D.R.
Tout comme dans le secteur automobile, les élections, référendums et autres palmarès sont nombreux aujourd'hui dans le monde de l'horlogerie. La sélection à laquelle participent chaque année les journalistes spécialisés que nous interrogeons pour « Passion des Montres » s'avère, elle, de plus en plus pertinente.

Rédaction en ligne

Car nos confrères vivent au jour le jour l'actualité horlogère à travers le monde, ils découvrent et examinent des centaines de montres nouvelles, ils visitent en permanence les ateliers et les manufactures… et savent mieux que quiconque « séparer le bon grain de l'ivraie ». Pour déterminer leur sélection 2010, ils ont croisé différents critères : l'originalité de la montre, son caractère technique, son esthétique. Ils ont ensuite classé par ordre de préférence, dans chacune des trois catégories, les 3 montres de leur choix. C'est le croisement de ces catégories qui a permis d'élire les 3 montres de l'année 2010. Une tendance majeure se dégage immédiatement : nos confrères mettent en évidence un net retour vers le classicisme, vers les valeurs-refuges et les maisons de confiance : Piaget, Van Cleef & Arpels, Jaeger – Le Coultre. La première est synonyme d'élégance et d'esthétisme dans la sobriété… La seconde a su retrouver ses valeurs de haute joaillerie, traduites avec originalité dans la montre féminine… La troisième confirme avec éclat son savoir-faire dans l'expression de l'heure compliquée… Ce choix remet-il en question les tendances superfétatoires, les débauches de matières nouvelles, les formats inflationnistes ? Bref, est-ce le signe de la fin prochaine du « bling-bling » ? Les prochains Salons de Genève et de Bâle nous en diront plus…

La montre homme de l'année : La Piaget Altiplano Automatic 43 mm

Faut-il croire que la marque Piaget est particulièrement appréciée par la presse horlogère internationale, car c'est presque chaque année qu'elle figure parmi les lauréats de notre référendum. Et la chose est d'autant plus à souligner que, quand l'ensemble du marché « regorge » de montres spectaculaires, essentiellement axées sur le « show off » très à la mode, c'est une montre sobre, d'un parfait classicisme que notre jury a élue « Montre de l'Année 2010 ». Il faut dire que cette année marquait un anniversaire important pour la Manufacture de la Côte-aux-Fées : elle fêtait le cinquantième anniversaire de la commercialisation d'un mouvement extra-plat qui a largement contribué à sa renommée et son succès, le calibre 12P, sorti en 1960. Cinq décennies plus tard, avec le mouvement 1200P, issu de la même famille, Piaget repousse une fois encore les limites de la minceur, avec un record du monde du mouvement automatique le plus plat du marché : il fait 2,35 mm d'épaisseur. Comme le souligne Franck TOUZEAU, Watch Marketing Director, : « Notre Manufacture a écrit ses plus belles pages depuis plus d'un demi-siècle, grâce au développement des mouvements ultra-plats. Ils font partie de l'ADN de la marque et nous ont permis de « magnifier » nos cadrans et de laisser libre cours à notre créativité. C'est grâce au talent de nos ingénieurs et de nos maîtres-horlogers, que nous pouvons proposer au public des montres racées, élégantes… bien dans l'esprit Piaget. » Un classique d'aujourd'hui Alors que les montres issues de ce nouveau record ne seront diffusées qu'en séries limitées -255 pièces- la lauréate de notre référendum, dotée du mouvement 1208P, sera plus accessible pour « tout-un-chacun », avec une particularité qui participe à son charme : l'insertion d'une « petite seconde » à quatre heure, dans un boîtier en or blanc ou or rouge de 43 mm. Le mouvement ultra-thin est automatique sur cette très belle « Altiplano », avec une réserve de marche de 40 heures. La montre est livrée avec bracelet alligator. A noter également, une troisième création-performance de Piaget en 2010 et dans le même esprit : la montre « Double jeu » qui, grâce à sa minceur, permet de superposer deux mouvements et offre au voyageur un second fuseau horaire. Commercialisée pour la première fois, elle communique, non plus sur 12, mais sur 24 heures, pour la plus grande facilité des globe-trotters.

Les outsider

La « Calibre » de Cartier Depuis quelques années, la Maison Cartier investit des sommes considérables pour prendre place avec légitimité dans le groupe encore restreint des vraies manufactures horlogères, capables de concevoir et développer en interne ses propres mécanismes. Dans son usine ultramoderne de La-Chaux-de-Fonds, une équipe de jeunes ingénieurs vient de voir ses efforts récompensés –et encouragés par notre jury- avec la naissance de la montre « Calibre », dotée du premier mouvement automatique 100 % maison ! Indubitablement, la naissance du « 1904MC » marque une nouvelle page dans l'histoire de Cartier et elle s'exprime avec une garde-temps robuste, au caractère bien trempé, dans une boîte ronde de 42 mm. Si elle est nouvelle, la « Calibre » reste une Cartier : cornes galbées, chiffres romains, finitions grenées et azurées en arc de cercle. Cette montre très masculine dispose de 48 heures de réserve de marche, avec un modèle de base en acier et une étanchéité à 30 mètres. Elle existe également avec un mélange acier/or ou complet or rose et cadran blanc ou chocolat.

La « Patrimony Traditionnelle » de Vacheron Constantin

La troisième montre élue par nos journalistes fait aussi la part belle au grand classicisme. Elle s'inspire des codes esthétiques –bien loin des outrances actuelles- qui ont marqué quelques-uns des plus beaux modèles historiques de Vacheron Constantin. Dans une expression emprunte de purisme et de rigueur, elle conjugue parfaitement la tendance « post-crise » que l'on avait déjà notée à Bâle et à Genève : un cadran très simple, qui affiche seulement heures, minutes et secondes… une lunette affinée… des index facettés… des lignes franches et droites. Un boîtier en or blanc de 38 mm accueille un mouvement développé, bien sûr, en interne et estampillé du précieux poinçon de Genève qui garantit sa bonne facture. Ultime touche d'élégance, un cadran opalin argenté, avec une simple minuterie peinte en noir. Bref, la tradition horlogère dans ce qu'elle a de plus pur.

La montre femme de l'année : le « Pont des Amoureux » de Van Cleef & Arpels Dans l'édition du mois dernier de « Passion des Montres », nous avions déjà souligné la beauté de ce garde-temps onirique de Van Cleef & Arpels et de l'incroyable travail d'émaillage réalisé sur le cadran, par la jeune artiste genevoise, Dominique Baron. Nous avions dit également le mérite du CEO de cette grande maison, Stanislas de QUERCIZE, d'avoir apporté un « vent de fraîcheur » sur l'ensemble de sa ligne horlogère. Cet homme d'expérience du groupe Richemont avait compris une chose essentielle en horlogerie : si les hommes recherchent des montres compliquées, reposant sur des prouesses techniques (dont l'utilité n'est pas toujours évidente…), les femmes n'ont pas la même relation avec le temps. Bien qu'attirées de plus en plus par les montres mécaniques, elles attendent d'un garde-temps compliqué qu'il donne une autre dimension à l'affichage du temps… qu'il soit le « metteur en scène » d'une expression poétique, romantique, amoureuse. Le joaillier Van Cleef & Arpels a remarquablement appliqué ce concept et le « Pont des Amoureux » en est l'illustration parfaite. Sur cette montre, c'est un double système rétrograde qui indique l'heure et les minutes. Il anime également le parcours d'un homme et d'une femme qui, au fil des douze heures, vont lentement se rapprocher… pour finir par se rejoindre et s'embrasser, deux fois par jour, à midi et à minuit ! La base de ce mouvement a été mise au point par les horlogers de Jaeger–LeCoultre, et, petite chose amusante et malicieuse à remarquer : la femme à l'ombrelle ne se déplace pas de façon aussi régulière et accélère même le pas durant les dix dernières minutes qui précèdent la rencontre ! Revenons encore un instant sur le cadran de la montre qui constitue une « première » : l'utilisation de la technique de la « grisaille ». Sur un fond émaillé avec deux noirs très profonds, on va faire « naître » un gris, par le passage, cercle par cercle, du fameux « Blanc de Limoges », un émail broyé très fin, qu'on utilise à la façon des peintures miniatures, à l'aide d'une aiguille. Par ailleurs, pour diminuer l'impression de contre-jour, le cadran est composé en 3 parties. Le boîtier de 38 mm est en or blanc

Les outsiders

La « Reine de Naples » de Breguet C'est la deuxième montre de Breguet que notre jury plébiscite cette année, et elle était, elle aussi, l'une des créations dont Nicolas HAYECK était le plus fier. Il l'appréciait particulièrement parce qu'elle s'inscrit parfaitement dans l'héritage artistique et horloger du génial Abraham-Louis. En effet, elle reprend les lignes de base de la montre qu'il avait créée pour Caroline Murat, la Reine de Naples, voici 200 ans. De plus, la montre est dotée d'une complication rarement présente sur un garde-temps féminin : la sonnerie au passage. Celle-ci souligne le passage de chaque heure pleine par deux coups répétés trois fois. Un cadran en nacre blanche comporte deux ouvertures qui laissent apparaître les marteaux qui frappent cet appel horaire, et dont l'enclenchement est indiqué par un diamant situé entre les fenêtres. Son boîtier de forme ovoïde est en or blanc, avec un mouvement automatique à remontage automatique et une réserve de marche de 65 heures. A noter : la décoration de fond de la montre qui évoque une colombe en plein vol, gravée à la main.

La « Miss Golden Bridge » de Corum La « Golden Bridge » de Corum est un mouvement dont le design étonnant a été présenté pour la première fois en 1980 et qui allait prendre place parmi les « indémodables » de la Haute Horlogerie. Mais jusqu'ici, on n'avait pas encore osé lui donner un habillage féminin. Sous la houlette de son nouveau responsable horloger - fraîchement transfugé de chez Piaget où il a fait merveille pendant des années - elle fait aujourd'hui son apparition dans une nouvelle boîte, avec sa carrure ouverte sur les 4 côtés, dans un esprit féminin en forme de tonneau, à la fois mince et galbé. Le bracelet en alligator s'intègre complètement au boîtier, à la manière d'une montre manchette, pour souligner encore la féminité de l'ensemble. Le créateur, Gerald GENTA qui, voilà 30 ans, a imaginé cette incroyable construction horlogère et opère aujourd'hui sous sa marque, a beaucoup apprécié cette évolution tout aussi audacieuse.

La montre compliquée de l'année la « Duomètre à quantième lunaire » de Jaeger–LeCoultre En récompensant ce nouveau travail exceptionnel de la Manufacture Jaeger – Le Coultre, notre jury a voulu non seulement souligner les caractéristiques remarquables d'une grande complication horlogère, mais surtout mettre en avant un progrès majeur obtenu dans la recherche d'une précision maximale, grâce au mouvement « Dual-Wing », à la base du garde-temps récompensé. Pour mieux comprendre cette avancée, un peu de technique est nécessaire. Dans une montre de conception traditionnelle, toute fonction qui n'est pas constamment entraînée avec le rouage provoque une altération dans la marche du garde-temps, au moment de son activation : un chronographe, lors de son enclenchement, une « répétition-minute » pendant l'émission de la sonnerie, ou encore plus simplement l'engrènement du calendrier. En prélevant dans le barillet (le réservoir d'énergie) la force nécessaire à son fonctionnement, chacune de ces opérations –additionnées sur plusieurs semaines- sont à l'origine d'une imprécision qui, à ce niveau horloger, n'est plus acceptable. D'où l'idée des ingénieurs de doter la montre de deux mécanismes indépendants : le premier sera dédié uniquement à la mesure du temps ; l'autre assurera le fonctionnement de la complication ! Les deux seront synchronisés, via le mécanisme de la seconde foudroyante. Un concept révolutionnaire C'est en 2007 que Jaeger – Le Coultre avait présenté pour la première fois une application –avec chronographe- de cette approche innovante. Avec le « Duomètre à quantième lunaire », la Manufacture a franchi un pas de plus dans la course à la complication… sans compromettre pour autant la précision du résultat, et en atteignant un niveau d'exactitude sans précédent pour ce type de montre. Dans cette « Dual-Wing », on retrouve donc deux sources d'énergie : la première va alimenter l'affichage des heures, des minutes, des secondes, de la seconde foudroyante, du quantième et de la phase de la lune… tandis que la seconde sera dévolue entièrement au mécanisme de l'échappement, assurant ainsi un approvisionnement constant. La ligne « Duomètre » s'inspire, sur le plan esthétique, des célèbres montres de poche de la maison, dans un boîtier large de 42 mm.Elle propose une exécution en or jaune limitée à 300 pièces et une version non limitée en or rose.

Les outsiders

La Chopard L.U.C. 150 « all in one » Karl-Friedrich SCHEUFELE, vice-président de la grande maison Chopard voit, d'année en année, ses efforts récompensés, dans la courageuse initiative qu'il a prise en donnant naissance en 1996 à son entité de Haute Horlogerie L.U.C. Le choix de nos journalistes va dans le même sens, en classant en bon ordre de notre référendum, une nouvelle montre d'exception, produite à seulement 15 exemplaires dans ses trois éditions or blanc, or rose et or blanc avec diamants. Elle réunit « all in one » quelques unes des complications majeures de l'art horloger : l'Équation du temps, le Quantième Perpétuel et le Tourbillon. L'ensemble est certifié chronomètre par le COSC et estampillé du poinçon de Genève. Dotée de pas moins de 4 barillets, elle dispose ainsi de 7 jours de réserve de marche, et réclame l'intégration de 561 composants et rubis. Marquant avec talent le 150ème anniversaire de la marque, la L.U.C. « all in one » se présente dans un large boîtier de 46 mm

Le « Tourbillon fusée avec spiral en silicium » de Breguet Cette montre était l'une des dernières « fiertés » de Nicolas HAYECK, présentée quelques mois seulement avant sa disparition. Son originalité repose essentiellement sur l'introduction d'un matériau innovant –en l'occurrence le silicium- matière totalement insensible aux champs magnétiques, dans l'une des pièces qui constitue le cœur de la montre : le spiral. Par ses oscillations régulières, c'est lui qui donne le rythme au mouvement et régule la marche du temps. Fin ressort enroulé en forme de spirale - d'où son nom - il est habituellement fabriqué en métal, donc sensible aux chocs et au magnétisme, tout comme à la gravité terrestre qui le déforme. Déjà en 1795, Abraham Louis BREGUET lui avait donné une forme particulière pour améliorer son isochronisme. Ici, le spiral et l'échappement sont en silicium, donc plus légers, bien que plus résistants. Il s'agit d'un modèle « Tradition 7047 » avec tourbillon et transmission « fusée-chaîne », qui permet de garantir une force constante sur toute la marche de la montre. Il est en platine 950, avec cadran guilloché main et réserve de marche de 50 heures.

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