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Le lion est mort

 

 
    Le 28 juin dernier, Nicolas HAYEK, le président fondateur de Swatch Group, est décédé dans son bureau de Bienne. Ce qu'il a apporté à l'industrie horlogère est incommensurable. Contre l'avis de toutes les autorités, abandonné par les banquiers - qu'il aura toute sa vie en horreur -, il a construit, pièce par pièce, un empire horloger qui, aujourd'hui encore, alimente la plupart des grandes marques en composants et mouvements.

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    « Beaucoup de mes amis m'ont traité de fou lorsque je leur ai montré la première Swatch ! ». Et pourtant, avec ces quelques grammes de plastique, il allait sortir la Suisse horlogère du marasme, sauver un outil industriel laissé à l'abandon, et redonner leur fierté à des milliers d'artisans. Bourru mais toujours chaleureux, imprévisible et toujours iconoclaste, visionnaire mais toujours pragmatique, il gérait le premier groupe mondial d'une main de fer… tout en minimisant ses qualités de manager : « Même en faisant suivre à un chameau des cours à Harvard, vous n'en ferez jamais un entrepreneur ». Au premier semestre de cette année, ce même groupe a dépassé la barre des 3 milliards de francs suisses, avec une progression de plus de 30 % ! Mis à part le travail, dont il était un bourreau, Nicolas HAYEK avait une passion, un enfant de prédilection : les montres Breguet, dont il a fait, en quelques années, un véritable must. Ceux qui l'ont connu, et entendu parler de ses fameux « Tourbillons » et d'une toute récente « Répétition Minute » dont il était si fier, en sont persuadés : par ce matin d'été, Nicolas HAYEK est parti retrouver la compagnie du génial horloger et, maintenant, tous deux vont prendre du bon temps.

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